La maladie chez l'animal
Eidomilologie
Espèces pouvant être infectées par l'influenzavirus
De très nombreuses espèces d'oiseaux domestiques, sauvages et d'ornement. Parfois des mammifères aquatiques (phoque, baleine) et terrestres (porc, cheval, vison). Il s'agit le plus souvent de virus faiblement pathogènes.
Mais certaines souches de virus peuvent être hautement pathogènes pour les oiseaux.
Distribution géographique et fréquence des cas de grippe aviaire
Répartition mondiale : les migrations contribuent à favoriser la dispersion de ces virus. Une vingtaine d'épizooties à virus hautement pathogènes recensées dans le monde depuis
1959, dont les plus récentes aux Pays-Bas en 2003, en Asie depuis 2004 et dans l’Est du continent européen depuis fin 2005.
Transmission de la grippe aviaire
- Oiseaux sauvages : surtout par voie digestive via un milieu aquatique souillé par des déjections contaminées qui peuvent rester infectieuses pendant plusieurs mois.
- Animaux d'élevage et d'ornement : d'animal à animal par voie respiratoire, oculaire et digestive, le plus souvent par la toux, les éternuements, les déjections et les aérosols.
Symptômes
- Faune sauvage : beaucoup d'oiseaux sont porteurs du virus sans être malades.
- Elevage : affections respiratoires et baisses brutales de ponte.
- Formes hautement pathogènes : symptômes beaucoup plus marqués, signes nerveux et/ou digestifs, mortalité brutale pouvant atteindre 100 % en 48-72 h.
La maladie chez l'homme
Épidémiologie
Transmission de la grippe aviaire
La transmission d'un virus aviaire hautement pathogène chez les oiseaux peut avoir lieu lors de contacts fréquents et/ou intensifs avec des oiseaux infectés. Elle se fait par le biais de fines poussières contaminées par les déjections ou les secrétions respiratoires des oiseaux :
- Principalement par voie respiratoire.
- Par projection sur les muqueuses oculaires.
- Par contact indirect avec des mains contaminées.
Remarque : l'existence d'une infection simultanée, chez un porc ou chez un être humain, par un virus de la grippe aviaire et par un virus de la grippe humaine pourrait favoriser l'émergence d'un nouveau virus très contagieux pour l'homme (recombinaison).
Fréquence des cas
Transmission à l'homme peu fréquente. Plusieurs épisodes décrits ces dernières années :
Historique des cas de transmission connus chez l'homme
| Date |
Lieu |
Nombre de cas humain |
|
1997 |
Hong-Kong |
18 cas, dont 6 décès |
|
Février 2003 |
Hong-Kong |
2 cas, dont 1 décès |
|
Printemps 2003 |
Pays-Bas |
89 cas, dont 1 décès |
|
2004/2005 |
Asie et Turquie |
146 cas, dont 76 décès |
Données OMS - 07/01/06
Activités professionnelles à risque
Contact étroit avec des oiseaux ou volailles infectés ou leur environnement souillé, notamment :
- Eleveurs et leurs familles, techniciens de coopérative et vétérinaires avicoles.
- Equipes d'intervention pour euthanasie, nettoyage, désinfection, ramassage des cadavres, équarrisseurs.
- Personnel des parcs zoologiques ou des animaleries hébergeant des oiseaux.
- Personnel en contact direct avec des oiseaux sauvages.
- Personnel technique de laboratoire.
Symptômes et évolution
- Parfois simple conjonctivite.
- Habituellement forme grippale, pouvant se compliquer d'une pneumonie (mortalité élevée).
Quel statut pour la maladie ?
Santé animale : maladie réputée contagieuse sous la forme hautement pathogène chez les oiseaux et les volailles.
Santé publique : ce n'est pas une maladie humaine à déclaration obligatoire.
Maladie professionnelle indemnisable : la maladie ne fait pas l'objet d'un tableau de maladie professionnelle à ce jour.
Les influenzavirus de type A sont classés dans le groupe de danger 2 (R. 231-61-1 du code du travail).